1- Contexte énergétique chinois

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1- Contexte énergétique chinois

Paru le : 2 mars 2006 / Dernière mise à jour : 17 novembre 2010

1) Etat des lieux

Energie primaire

La consommation d’énergie primaire a augmenté régulièrement jusqu’en 1996, date à partir de laquelle elle n’a cessé de baisser pour passer de 970 Mtep en 1996 à 892 Mtep en 2000. Cette baisse a été exclusivement imputable à la diminution de la consommation de charbon qui reste toutefois la ressource nationale majeure (elle représentait 69% de la consommation d’énergie primaire en 2007) et dont les réserves estimées permettraient de subvenir aux besoins du pays pour les 2 ou 3 prochains siècles. Cette évolution du secteur énergétique est le résultat d’une politique d’économie d’énergie menée par le gouvernement, de la restructuration industrielle chinoise qui a conduit à la fermeture de grands conglomérats fortement consommateurs d’énergie, à une meilleure efficacité des entreprises (l’industrie compte pour 78% de la consommation énergétique du pays), et dans une moindre mesure aux efforts déployés pour lutter contre la pollution. Simultanément, le gouvernement s’est engagé dans la rationalisation du secteur minier impliquant la fermeture de nombreuses petites mines de charbon.
Depuis 2000, et malgrès la poursuite voire l’accélération de ces mesures, la consommation est repartie à la hausse, &agrave peu près au rythme de la croissance du PIB. Il semblerait toutefois qu’en 2008, la consommation d’énergie ait reculé, du fait du ralentissement économique observé.
 

Production électrique

 * Capacité installée : sur les 710 GW de capacité installée électrique totale que compte la Chine fin 2007, les centrales thermiques représentent la majeure partie de la capacité installée (environ ¾), et malgré les décisions gouvernementales dès 2000 de fermer de petites centrales, trop polluantes et pas assez rentables de moins de 50 MW, la part des unités de production de faible puissance reste importante, même si leur nombre diminue. Le charbon devant rester le combustible majeur, l’ordre de grandeur de la part du parc thermique devrait rester le même. Toutefois, le rôle joué par l’hydraulique, avec 130 GW installés en 2007 (soit environ ¼ de la capacité totale) sera probablement amené à croître puisque la politique de développement de l’Ouest du pays, richement doté en ressources hydrauliques, est une des lignes directrices du gouvernement pour depuis 10ème Plan quinquennal (période 2001-2005) et encore à l’avenir. A cet égard, notons que la pleine mise en service du barrage des Trois Gorges et de ses 18 200 MW installés est prévue pour 2009. A ce jour, la part du nucléaire est toujours marginale puisqu’elle est d’environ 1,9% (8900 MW installés). A l’horizon 2020, le nucléaire devrait représenter autour de 5% de la capacité installéee. 12 tranches sont aujourd’hui en construction.

 

* Production : corrélativement, la Chine a connu une augmentation régulière de la production d’électricité d’abord avec en moyenne une croissance de 7% par ansur la période 1990-2001, croissance qui s’est accélérée ces derni&egraaveres années pour atteindre 14% en 2006 et 2007 . En 2007, la production d’électricité a atteint 3270 TWh, ce qui place la Chine en deuxième position mondiale. La production est d’origine thermique pour 80%, et l’essentiel de cette production est assurée par l’utilisation du charbon, puis suivent le pétrole et le gaz. L’hydroélectricité ne représente qu’environ 20% de l’électricité produite, ce qui est très en deçà des possibilités offertes pour les réserves nationales en eau, puisque seulement 19% du potentiel techniquement exploitable serait actuellement utilisé. La Chine, &agrave l’heure actuelle met en service tous les ans l’équivalent en capacité du parc de production électrique français. Le rythme devrait être maintenu dans les annéees à venir

Rappelons que malgré une production d’électricité de 3270 Twh en 2007, la consommation par habitant dépasse à peine les 2500 kWh par an, ce qui est 3,5 fois moins qu’en France, 6 fois moins qu’aux Etats-Unis, et qui laisse donc de belles perspectives au secteur électrique.

En outre, de grosses disparités existent entre les provinces chinoises et il faut distinguer la situation des moins développées économiquement (dans le Nord-Est ou le Nord-Ouest par exemple) mais richement dotées en ressources énergétiques, des régions côtières telles que le Zhejiang, ou le Guangdong pour lesquelles la demande en électricité est supérieure à l’offre et qui doivent donc en importer de régions voisines.


2) Problématiques énergétiques

 

Objectif primordial : une croissance économique de 7% par an

Depuis son ouverture et son engagement dans des réformes économiques au début des années 80, la Chine connaît une croissance continue de son PIB. Ainsi, durant les deux dernières décennies, la croissance chinoise s’est souvent maintenue au dessus des 10% par ans, contre un objectif officiel était de 8%. Mème au plus fort de la crise asiatique en 1997, la Chine a été relativement épargnéee, se maintenant aux environs de 6% de croissance. De plus, l’élasticité énergétique du pays étant proche de un, le ralentissement actuel ne devrait pas mettre en péril l’industrie électrique, mème si la consommation en cette fin d’année 2008 a pour la premi&egravere fois depuis plusieurss annéees diminué ces derniers mois.

Dans ce contexte de primauté du développement économique, deux problèmes se posent clairement, celui de la sécurité énergétique et celui de la pénurie d’électricité. De plus d’un point de vue écologique, la Chine affiche son ambition de faire jouer un rôle prédominant au développement durable car de nombreux experts estiment qu’à moyen terme cela pourrait sérieusement ralentir le développement économique de la Chine. Ainsi, en 2007, la commission au développement et &agrave la réforme a publié un document pronant le renforcement des éenergies renouvelables.

Un problème nouveau, la sécurité de l’approvisionnement en énergie primaire

L’augmentation trop importante des importations d’énergie (telles que le pétrole et le gaz) serait très coûteuse du point de vue économique, mais aussi très préjudiciable du point de vue de la sécurité énergétique. A l’heure actuelle, la Chine importe environ 211 millions de tonnes de pétrole. Or la production de pétrole en Chine devrait se maintenir d’ici à 2010, l’augmentation de sa capacité nationale de production de pétrole (nouveaux gisements, amélioration de l’exploitation) étant compensée par l’épuisement des gisements actuels. Après 2010, la production baissera. Il est certain que la Chine dépendra davantage des importations pour répondre à ses besoins. Selon des prévisions, &agrave partir de 2020, la Chine devrait importer chaque année 300 millions de tonnes de pétrole soit 64% de sa consommation et serait alors peut-être même le deuxième consommateur de pétrole au monde.

La Chine vient récemment de prendre conscience de ce problème du fait de la guerre en Irak et donc de la fragilité de l’approvisionnement venant du Moyen-Orient (qui représente plus de 50% de ses importations totales de pétrole), mais aussi des incertitudes liées aux projets d’approvisionnement en hydrocarbures russes.

Depuis cette date, elle renforce ses partenariats avec divers pays producteurs, principalement en Afrique, mais cherche également &agrave s’assurer le bénéfice de champs situées en Sibéerie, par divers accords avec la Russie.

Un déficit électrique résorbé

La Chine ne peut pas se permettre économiquement un manque chronique d’électricité. D’autant plus que ces pénuries apparaissent en majorité dans les provinces développées de l’Est et du Sud, moteurs de l’économie et pénalise surtout les gros consommateurs que sont les sites industriels.

Ces pénuries, qui étaient fréquentes, voire chroniques jusqu’en 2006, ayant pour cause un déficit structurel des capacitées de production, ont depuis quasiment disparues du paysage. Si le phénomè a pu réeapparaitre sporadiquement courant 2008, la diminution de consommation récente devrait limiter ce problème.

En revanche, les intempéeries du début de l’annéee 2008, qui avaint conduit momentanémenet des dizaines de millions de foyers à devoir se passer d’électricité au plus dur de l’hiver, ont souligné un autre problème grave, celui de l’approvisionnement en charbon des centrales pour la plupart situées sur le littoral, quand les mines sont en Chine centrale.

Une volonté affichée de développement durable

La Chine est signataire du protocole de Kyoto qui bien que non quantitatif montre la volonté (tout du moins politique) de la Chine de tenir compte de la protection de l’environnement. C’est dans cet esprit que les différentes lois liéees au secteur énergétiques récemment promulguées mettent en avant le rôle à tenir par les renouvelables.


3) Conclusions

Les choix de la Chine s’orientent vers une diversification de son approvisionnement énergétique et un rééquilibrage de son mix énergétique. Dans un même temps, elle réforme son secteur électrique et planifie de lancer un véritable programme électronucléaire.

Rééquilibrage énergétique et diversification de l’approvisionnement

Le gouvernement de Pékin compte renforcer tout d’abord son offre interne :

 * Développer de façon plus substantielle le gaz qui représente une part extrêmement faible de sa consommation énergétique (environ 3%). Ainsi la Chine développe un réseau gazier Ouest-Est car les ressources gazières chinoises sont nombreuses mais mal développées et géographiquement réparties de façon inégale.

 * Augmenter sa capacité de production électrique en particulier grâce à l’hydroélectricité encore largement sous-exploitée et par un développement de l’électronucléaire accéléré (voir plus loin).

Il devrait favoriser aussi sa relation avec la Russie afin de profiter de ses ressources en hydrocarbures (dont le gaz) et à plus long terme coopérer avec les Etats d’Asie centrale pour de grands projets de pipeline et des développements communs de capacité d’exploitation.

Evolution du secteur électrique

 * Force est de constater que le charbon et l’hydraulique sont les deux sources essentielles du secteur électrique en Chine. La tendance vers un rééquilibrage de l’utilisation des ressources énergétiques qui se manifeste depuis 1996 devrait se poursuivre mais de manière très modérée. L’hydroélectricité devrait voir sa part croître puisqu’elle va tirer partie de la politique de développement de l’Ouest, des efforts consentis pour améliorer le réseau et des préoccupations environnementales.
 

* La réforme du secteur électrique par la Commission d’Etat au Plan et au Développement (SDPC, aujourd’hui appelée CEDR) le 29 décembre 2002, séparant la production d’électricité et le transport dans le but de libéraliser le marché électrique a déjà permis une détente dans les tensions sur le marché électrique chinois. Néanmoins l’adoption de cette réforme, puis de la loi sur l’énergie attendue pour l’année prochaine dans sa forme définitive ne déboucheront pas sur une libéralisation totale du marché tant que la Chine n’assurera pas une stabilité sur ce marché par la mise en place d’une capacité de production suffisante. Et pour cela il faudra certainement attendre encore plusieurs années.
 

* Le gouvernement lance de grands travaux afin d’améliorer en qualité et en densité les réseaux de transport et distribution de l’électricité ; il souhaite qu’en 2015 l’ensemble des réseaux provinciaux et inter-provinciaux soit interconnecté avec comme point central le barrage des Trois Gorges. L’objectif étant d’acheminer l’électricité produite dans les provinces de l’Ouest (disposant de 80% des ressources hydrauliques exploitables) et du Nord (bénéficiant d’environ 70% des réserves en charbon) vers les régions côtières économiquement développées et en proie à de fortes croissances de la demande en électricité.

Augmentation de la part du nucléaire

La proposition du Comité Central du PCC concernant les orientations à prendre pour le secteur nucléaire a été modifiéee dès l’adoption du 11è plan (2006-2010). Le développement nucléaire passe d’approprié à accéléré. De plus, les acteurs du nucléaire chinois se sont accordés sur la politique à adopter, à savoir : "compter sur ses propres forces, coopérer avec l’étranger, réaliser un seul type de réacteur et promouvoir la localisation". L’objectif annoncé de la Chine consiste donc à acquérir son autonomie dans la conception, la fabrication, la construction et l’exploitation de centrales nucléaires de grande puissance, en parallèle de la duplication à grande échelle de centrales identiques à celles achetéees à la France au cours des années 1980. Ainsi, le gouvernement a lancé en 2003 un appel d’offres international pour la fabrication de quatre tranches de troisième génération qui a vu la victoire de Westinghouse en 2006. Immédiatement aprè les résultats de cet appel d’offres, l’un des électriciens chinois a reçu des autorités l’autorisation d’engager des négociations avec Areva portant sur l’achat d’EPR, négociations qui se sont conclues en novembre 2007 par l’achat par la Chine de deux de ces réacteurs.

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